16th ÉCU – The European Independent Film Festival

9th, 10th, 11th April 2021
Version anglaise
Philippe Dajoux
VAGABONDES 
European Dramatic Feature 
France 
ecufilmfestival.com 
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Quatre personnes au bord du monde, en marge de la société, vont chacune faire une rencontre  "séisme". Quatre personnages en errance à priori sans lendemain qui vont s’offrir de quoi espérer? 

 

Bonjour Philippe. Merci d’accepter de parler à TNC. Comment tenez-vous en cette période compliquée?

Bonjour TNC, merci de vous inquiéter pour moi en cette période délicate. J'ai eu la chance de pouvoir tourner sans cesse depuis le début de cette pandémie et, même si les conditions de tournage sont drastiques, on continue à prendre du plaisir en sécurité.

Est ce que ce temps de confinement vous a offert de nouvelles opportunités de création et d’inspiration?

Oui, depuis le début de la pandémie j'ai pu commencer à écrire un nouveau long-métrage qui me tient particulièrement à cœur et que j'espère vous présenter très prochainement.

Félicitations pour votre sélection au 16e festival ECU à Paris. Qu’est ce que cela signifie pour vous de faire partie d’une sélection de long métrages aussi prestigieuse?

Avec toute mon équipe, on est d’abord fous de joie d'avoir été sélectionnés dans votre si prestigieux festival. Ce film est un conte de fée depuis le début et cela continue. Merci à vous de mettre en avant les douloureux destins de ces jeunes dans la rue.

À quel point est ce que votre vécu en tant qu’acteur vous aide dans votre approche en tant que réalisateur?

Être un acteur de formation est pour moi un atout essentiel pour diriger un plateau d ‘acteurs. Connaître la sensibilité d’un comédien me permet de les amener plus loin et avec plus de confiance. On se sent comme des animaux et on se libère plus facilement. Sur "Vagabondes", je suis un réalisateur épanoui car mes acteurs et actrices ont transcendés notre travail. L’émotion vient de leur lâcher-prise qu’ils m’ont offert à chaque séquence.

Pouvez-vous m’en dire un peu plus sur "Vagabondes", comment est ce que cette idée de film vous est venue?

"Vagabondes" était en moi depuis des années car j’ai toujours été très sensibilisé par les personnes dans la rue. Je me suis souvent investi dans ces causes pour les comprendre et les aider. Écrire et réaliser ce film était une évidence pour moi. Je voulais que l’on ait une autre vision de ce monde parallèle. Comprendre comment il peut pousser à se retrouver dans la rue sans juger. Raconter ces tranches de vies de nos 4 personnages était important pour y parvenir.

Quelle a été l’inspiration derrière le scénario?

J’ai rencontré tellement de personnes dans la rue et de bénévoles qui les aident au quotidien que mon seul souci était d’être le plus juste possible car le sujet était trop grave pour ne pas y aller à fond. On a travaillé dans ce sens avec toute l’équipe sans être pour autant misérabiliste sur le sujet. J’ai voulu aussi parler de l’entraide et de la solidarité qui subsiste aussi dans la rue et rendre hommage à ces anges qui sont les bénévoles d’associations. Être une jeune femme dans la rue est un calvaire et un danger de chaque instant. Je voulais aussi montrer que, comme dans toutes épreuves, on peut aussi s’en sortir en étant grandi.

Quels ont été les plus grands défis auxquels vous avez dû faire face en créant ce film?

On a été confrontés à un financement très compliqué à obtenir tellement le sujet du film faisait peur. Mais on s’est battus tous les jours pour y arriver. Chaque jour a été un combat que l’on a surmonté avec toute ma merveilleuse équipe. On le continue aujourd’hui en cherchant activement un distributeur. Être reconnu par un festival comme le votre nous encourage d’avantage. De toutes les manières, on a promis à tous nos sans-abris de Martigues que le film ferait le tour du monde. Et bien c’est le cas aujourd’hui.

Y a t il quoi que ce soit que vous auriez fait différemment si c’était à refaire?

Rien, rien, rien… Au contraire, ce film est un exemple qui me pousse à toujours croire en ses rêves et ne dépendre de personne pour y parvenir.

D’où vous est venue cette passion pour la réalisation?

Ma passion pour la réalisation c’est mon amour de raconter des histoires et de faire vibrer les spectateurs, de les amener par le biais de l’émotion dans tous les univers. Être le plus crédible et juste possible, avec toute mon équipe, avec intégrité, est essentiel. Être réalisateur est ma passion.

"J’espère que les gens retiendront de Vagabondes cette lueur d’espoir que l’on essaie de mettre en avant."

Comment est ce que votre patte de réalisateur a-t-elle évolué depuis vos débuts?

Je sens avoir amélioré mon écoute envers mes spectateurs et envers mes acteurs et toute mon équipe. Je leur demande de m’écouter, alors c’est à moi de commencer à montrer l’exemple chaque jour.

Quel est le meilleur conseil que vous ayez jamais reçu dans votre carrière?

Croire en soi et en ses rêves et que rien n’est impossible.

Pensez-vous que les réalisateurs doivent continuer à repousser les limites des films et des histoires qu’ils veulent créer?

Oh ouiiiiiiiii!

Quel conseil auriez-vous à offrir à un(e) confrère(consoeur) réalisateur(trice)? 

Ne vous arrêtez jamais de créer et continuez à nous raconter des histoires sans cesse! Tout dépend de vous. Vous avez tellement de choses à transmettre, surtout aux jeunes d’aujourd’hui qui sont en perte de motivation, d'ambition et de rêve. On a un rôle clef à jouer pour eux.

Dernière question: Qu'espérez-vous que les gens retiennent de "Vagabondes"?

J’espère que les gens retiendront de Vagabondes cette lueur d’espoir que l’on essaie de mettre en avant. Le message du film est aussi le fait qu’on peut se sortir grandi des plus grosses épreuves, grâce aux personnes qui nous entourent et grâce à notre propre volonté et obstination. Ne jamais perdre confiance en un avenir meilleur.

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